Avec la demande croissante des consommateurs automobiles pour des fonctions intelligentes, les voitures modernes deviennent progressivement des terminaux mobiles pilotés par logiciel. On estime qu’environ 400 millions de véhicules dans le monde sont des « voitures connectées » dotées de capacités de surveillance en temps réel et de connectivité. Les constructeurs automobiles continuent de lancer des fonctions et des services de meilleure qualité, et réalisent des mises à jour logicielles via la technologie OTA (over-the-air). Le concept de véhicule défini par logiciel (SDV) est apparu, dont le cœur consiste à découpler le matériel et le logiciel, à définir les fonctions et les performances du véhicule par le logiciel, transformant ainsi le véhicule d’un moyen de transport en un « smartphone sur roues », puis en une « plateforme adaptative sur roues ».
Concept et facteurs moteurs du véhicule défini par logiciel
Le développement du véhicule défini par logiciel s’inspire de l’innovation du modèle économique de l’industrie des smartphones. Les entreprises de smartphones itèrent rapidement leurs produits grâce à la standardisation du matériel et à la différenciation des logiciels, et l’industrie automobile tente d’adopter un modèle similaire. Les facteurs clés de succès du SDV comprennent : le découplage des fonctions réseau du matériel propriétaire, et la création par les constructeurs automobiles de filiales logicielles indépendantes pour promouvoir la commercialisation des logiciels. Ces mesures peuvent raccourcir considérablement le cycle de mise à jour logicielle, améliorer l’expérience utilisateur à bord, et fournir de nouvelles fonctions ou optimisations de performances pour différentes zones du véhicule via des mises à jour OTA, sans nécessiter de modifications matérielles importantes.
Tendances du marché et modèles de revenus
Les études de marché montrent qu’au cours de la prochaine décennie, la part de marché du SDV continuera de croître, la part des véhicules commerciaux augmentant progressivement, mais les véhicules particuliers représenteront toujours plus de 80 % de la part. Dans le domaine des applications, les systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS) occupent la plus grande part, suivis par la conduite autonome, les systèmes d’infodivertissement embarqués et le contrôle de la chaîne cinématique. Les ADAS comprennent des fonctions telles que le maintien de voie, le freinage d’urgence automatique, le régulateur de vitesse adaptatif, qui peuvent améliorer considérablement la sécurité routière. De plus en plus de constructeurs commencent à déployer des capacités de conduite autonome de niveau L3 et supérieur, et les services d’infodivertissement par abonnement se généralisent également.
En ce qui concerne les modèles de revenus, la part des ventes de logiciels dans le chiffre d’affaires total de l’industrie automobile est passée de 3 % en 2019 à 14 % en 2025. Tesla a été le premier à lancer des modèles de frais de mise à niveau logicielle et de services par abonnement, par exemple en facturant les mises à jour OTA pour l’assistance à la conduite automatique, la chaîne cinématique et les systèmes d’infodivertissement, et en proposant des services de connectivité avancés par abonnement mensuel. Ce modèle est de plus en plus adopté par d’autres constructeurs.
Niveaux de maturité technologique et d’évolution
En ce qui concerne l’évolution technologique, le SDV est divisé en plusieurs niveaux de maturité. Du contrôle mécanique initial (niveau 0) à l’écosystème entièrement défini par logiciel (niveau 5), chaque étape s’accompagne de changements dans la connectivité, les infrastructures informatiques, le développement logiciel, l’architecture logicielle, la cybersécurité et les technologies des semi-conducteurs. En prenant l’exemple des semi-conducteurs, leur trajectoire de développement va des microcontrôleurs à grande échelle et des systèmes sur puce (SoC) aux SoC haute performance, et pourrait finalement aboutir à des puces neuromorphiques pour prendre en charge des applications plus étendues.
Évolution de l’écosystème des OEM et des fournisseursLe véhicule défini par logiciel a également profondément transformé l'écosystème des équipementiers (OEM) et des fournisseurs. Le modèle traditionnel OEM-fournisseur de rang 1 évolue vers un modèle OEM-fournisseur de rang 0,5, dans lequel les OEM ont davantage voix au chapitre dans la définition du produit et la conception de l'architecture, tandis que les fournisseurs deviennent des partenaires stratégiques. Cette transition a donné naissance à quatre principaux modèles économiques de logiciels automobiles : le développement de logiciels sur mesure et les services d'ingénierie, les services de conseil et d'assistance technique, les licences de propriété intellectuelle logicielle et le développement d'applications, ainsi que les produits et solutions intégrant matériel et logiciel. De nombreux OEM commencent à développer leurs propres systèmes d'exploitation et s'appuient sur des clouds publics et privés pour la gestion et l'analyse des données, allant même jusqu'à contourner les fournisseurs traditionnels pour collaborer directement avec les éditeurs de logiciels.
L'évolution et l'avenir de l'architecture E/E
L'architecture E/E (électrique/électronique) est elle aussi en constante évolution. Dans les architectures modulaires des débuts, chaque fonction était gérée par une unité de commande électronique (ECU) indépendante ; ensuite sont apparus les contrôleurs de domaine, qui intègrent les ECU associés ; l'évolution s'est poursuivie avec l'architecture centralisée, fusionnant les contrôleurs de domaine, pour finalement aboutir à une architecture combinant contrôleurs de zone et calculateur central embarqué. À l'avenir, les architectures E/E plus avancées transféreront davantage de fonctions embarquées vers le cloud, réalisant une hybridation du calcul haute performance et du cloud computing, et mettront à jour dynamiquement les algorithmes de conduite autonome en fonction des conditions de circulation en temps réel, de la météo et de l'état du trafic.
Conclusion
Dans l'ensemble, le véhicule défini par logiciel est en train de remodeler les paradigmes technologiques et les modèles économiques de l'industrie automobile. Les mises à jour OTA, le découplage matériel-logiciel et l'architecture E/E hautement intégrée prolongent non seulement la durée de vie des composants électroniques du véhicule, mais offrent également aux utilisateurs une expérience de mobilité personnalisée et évolutive. À mesure que la technologie mûrit, la SDV est appelée à devenir le pôle central de l'écosystème de mobilité intelligente de demain.